Par Garen Ajderhanyan · 22 juillet 2026 · 6 min de lecture
L'essentiel
Le Negresco a ouvert en 1913 sur la Promenade des Anglais, à l'initiative d'Henri Negresco, pour accueillir les hivernants qui passaient la saison froide à Nice. Sa coupole rose, dont le dessin est traditionnellement rattaché à l'influence de Gustave Eiffel, et son lustre en cristal de Baccarat en ont fait un repère du front de mer ; le bâtiment est classé au titre des monuments historiques. Avec la façade Art déco du Palais de la Méditerranée, achevée en 1929, il rappelle que la Promenade des Anglais fut d'abord une adresse d'hiver, avant d'être une adresse d'été.
D'où viennent les grands hôtels de la Promenade des Anglais ?
Au XIXe siècle, Nice devient une destination d'hiver. Les hivernants, anglais d'abord, puis russes et venus de toute l'Europe, descendent vers la Méditerranée pour fuir les brumes du Nord. La Promenade des Anglais, tracée le long du front de mer, leur doit jusqu'à son nom.
Pour loger cette clientèle, la ville se couvre d'hôtels de grande taille au tournant du siècle. La Belle Époque donne au front de mer niçois sa silhouette : façades claires, rotondes, coupoles. On ne venait pas encore pour l'été ; la saison, alors, c'était l'hiver.
Que raconte le Negresco depuis 1913 ?
Le Negresco ouvre en 1913 sur la Promenade des Anglais, à l'initiative d'Henri Negresco, qui voulait un établissement à la mesure des hivernants fortunés de la Côte d'Azur. La Première Guerre mondiale interrompt la saison peu après ; l'hôtel, lui, traverse le siècle.
Deux images le résument. Sa coupole rose d'abord, dont le dessin est traditionnellement rattaché à l'influence de Gustave Eiffel, et qui signe la silhouette du front de mer. Son lustre en cristal de Baccarat ensuite, suspendu dans le grand salon, qui appartient aux récits que la ville se transmet.
Le bâtiment est classé au titre des monuments historiques. Il reste pourtant un hôtel en activité, ce qui est peu courant : un monument que l'on continue d'habiter, saison après saison.
Pourquoi la façade du Palais de la Méditerranée compte-t-elle autant ?
En 1929, un peu plus loin sur la Promenade des Anglais, ouvre le Palais de la Méditerranée, porté par le financier américain Frank Jay Gould. Sa façade Art déco, avec ses bas-reliefs, donne au front de mer un second registre : après les coupoles de la Belle Époque, la géométrie des années folles.
L'histoire du lieu fut mouvementée, entre fermeture et reconstruction. Sa façade, elle, a été préservée, et c'est elle que l'on longe encore aujourd'hui. À Nice, on a parfois perdu des bâtiments ; on a rarement accepté de perdre un décor.
Que voit-on de cette histoire depuis le 107 Promenade des Anglais ?
Notre famille est installée au 107 Promenade des Anglais depuis 1999, et je passe devant le Negresco plus souvent que je ne saurais le compter. De là, la Promenade se lit comme une frise : les palaces des hivernants, les façades Art déco, puis les immeubles qui ont grandi entre eux. Chacun tient son rang dans la même ligne face à la mer.
Ces grands hôtels ont fixé quelque chose de durable : l'idée que le front de mer niçois est une adresse, et pas seulement un paysage. Les immeubles voisins en ont hérité. C'est cette histoire que La Gazette raconte depuis 2005, fenêtre après fenêtre.
Questions fréquentes
- Quand le Negresco a-t-il ouvert ?
- En 1913, sur la Promenade des Anglais, à l'initiative d'Henri Negresco, peu avant la Première Guerre mondiale.
- Le Negresco est-il classé monument historique ?
- Oui. Le bâtiment est protégé au titre des monuments historiques, tout en restant un hôtel en activité.
- À quoi la coupole rose du Negresco est-elle associée ?
- Son dessin est traditionnellement rattaché à l'influence de Gustave Eiffel. Elle signe la silhouette du front de mer niçois.
- De quand date la façade du Palais de la Méditerranée ?
- De 1929. Cet ensemble Art déco a été préservé lors de la reconstruction du bâtiment et demeure un repère de la Promenade des Anglais.
- Pourquoi tant de grands hôtels sur la Promenade des Anglais ?
- Ils ont été bâtis pour les hivernants qui passaient la saison froide à Nice, à la Belle Époque et au début du XXe siècle, quand la ville était d'abord une destination d'hiver.
Références
Les quartiers
L'auteur
Garen AjderhanyanÉditeur de La Gazette de la Promenade
Éditeur de La Gazette de la Promenade. Il écrit sur l'immobilier et l'art de vivre de la Riviera, depuis Nice.

