Par Garen Ajderhanyan · 9 juillet 2026 · 6 min de lecture
L'essentiel
Un acquéreur du Golfe, Émirats, Qatar, Arabie saoudite, Koweït, achète en France sans condition de nationalité. Le parcours suit la ligne française, offre, compromis, acte authentique chez le notaire. Deux sujets demandent de l'attention : la structure de détention, une SCI étant souvent retenue pour la transmission familiale et une part de discrétion, à décider avec le notaire, et la documentation des fonds, obligation légale de lutte contre le blanchiment, pas une défiance. La fiscalité, taxe foncière, IFI, plus-values, se prépare avec un conseil ; des conventions fiscales existent avec plusieurs États du Golfe. Chez nous, la discrétion tient à la façon de montrer et de négocier, off-market et visites privées, jamais à la transparence due à la loi.
Un acquéreur du Golfe peut-il acheter librement en France ?
Oui, et sans détour. La France ne conditionne l'achat d'un bien ni à la nationalité ni à la résidence. Un acheteur de Dubaï, de Doha ou de Riyad acquiert selon les mêmes règles qu'un Niçois, en pleine propriété, sans autorisation préalable.
La nuance habituelle vaut ici aussi : acheter est libre, séjourner ne l'est pas. Devenir propriétaire sur la Côte d'Azur ne donne aucun droit de séjour. Le visa relève d'une démarche distincte, à préparer avec un conseil dédié.
Faut-il acheter en nom propre ou via une structure ?
Beaucoup de nos acquéreurs du Golfe posent la question, et c'est une bonne question. La détention en nom propre est la plus simple. Mais la société civile immobilière, la SCI, est souvent retenue quand l'achat s'inscrit dans une logique familiale : elle facilite la transmission entre proches, organise la propriété en parts, et offre une part de discrétion dans la façon dont le bien est détenu.
Ce n'est pas une obligation, et ce n'est pas un outil d'opacité : une SCI est immatriculée et connue de l'administration. C'est un choix de structuration, qui se décide avec le notaire, en fonction de la situation familiale et patrimoniale, avant l'offre plutôt qu'après.
Comment sont documentés les fonds ?
Le prix et les frais transitent par le compte du notaire, tiers de confiance qui sécurise la vente. Les fonds arrivent en euros, et leur origine doit être documentée : c'est une obligation légale de lutte contre le blanchiment, qui s'applique à tout acheteur, quelle que soit sa provenance.
Le mieux est de préparer tôt, avec sa banque, les justificatifs et le change. Un transfert international se prépare des semaines à l'avance. Les acheteurs qui l'anticipent avancent sereinement.
Quelle fiscalité pour un propriétaire du Golfe ?
La taxe foncière est due chaque année. Selon la valeur du patrimoine immobilier détenu en France, l'impôt sur la fortune immobilière peut s'appliquer. À la revente, la fiscalité des plus-values suit des règles propres aux non-résidents.
La France a signé des conventions fiscales avec plusieurs États du Golfe, pour éviter la double imposition. Chaque situation est particulière : je renvoie toujours à un conseil fiscal, en amont de l'offre.
Pourquoi la Côte d'Azur pour un acheteur du Golfe ?
La saison, d'abord. Quand l'été du Golfe devient difficile, la Riviera offre ses mois les plus doux : nos acquéreurs viennent souvent de juin à septembre, et cherchent une résidence pensée pour cette période, terrasse à l'ombre, vue mer, calme.
S'y ajoute une exigence de discrétion à laquelle nous répondons par la manière : biens présentés hors marché, visites privées, confidentialité des échanges. La discrétion, pour nous, est une qualité de service. C'est une façon de travailler que nous tenons du 107 Promenade des Anglais.
Questions fréquentes
- Un acquéreur du Golfe peut-il acheter via une société, comme une SCI ?
- Oui. La SCI est souvent retenue pour la transmission familiale et pour organiser la propriété en parts. Ce n'est pas obligatoire ni un outil d'opacité : la société est immatriculée. Le choix se décide avec le notaire, selon la situation.
- L'achat peut-il se faire en toute confidentialité ?
- La confidentialité tient à la manière de servir : biens présentés hors marché, visites privées, échanges discrets. La vente elle-même est enregistrée comme toute transaction ; la loi impose sa transparence, et nous la respectons.
- Faut-il venir en personne pour acheter ?
- Pas nécessairement : une procuration permet de se faire représenter à la signature. Je recommande malgré tout de visiter le bien, ce n'est pas une obligation légale, c'est du bon sens.
- L'achat d'un bien ouvre-t-il un droit de séjour ?
- Non. La propriété et le séjour relèvent de deux droits distincts. Le visa se traite séparément, avec un conseil dédié.
Références
L'auteur
Garen AjderhanyanÉditeur de La Gazette de la Promenade
Éditeur de La Gazette de la Promenade. Il écrit sur l'immobilier et l'art de vivre de la Riviera, depuis Nice.
