Par Garen Ajderhanyan · 8 juillet 2026 · 6 min de lecture
L'essentiel
Un citoyen britannique achète un bien en France sans condition de nationalité : le Brexit n'a rien modifié sur ce plan. Ce qu'il a changé, c'est le séjour : sans visa, un Britannique ne peut rester dans l'espace Schengen que quatre-vingt-dix jours sur toute période de cent quatre-vingts jours. L'achat suit la ligne française, offre, compromis, acte authentique chez le notaire, avec des frais d'acquisition plus élevés qu'au Royaume-Uni sur l'ancien. La convention fiscale France-Royaume-Uni évite la double imposition. Financement, change livre-euro et fiscalité se préparent avec un conseil, avant l'offre.
Pourquoi la Promenade porte-t-elle le nom des Anglais ?
C'est une histoire que j'aime raconter, parce qu'elle explique beaucoup. Dans les années 1820, la colonie anglaise qui hivernait à Nice finance l'aménagement d'un chemin le long du littoral. On l'appellera la Promenade des Anglais. Deux siècles plus tard, l'adresse dit encore cette histoire, et nos clients britanniques la retrouvent avec plaisir.
Cette familiarité n'est pas qu'anecdotique. Elle explique la présence d'une communauté anglophone installée, de repères connus, d'une manière de vivre la Riviera qui parle immédiatement à un acheteur venu de Londres ou d'Édimbourg.
Le Brexit a-t-il changé le droit d'acheter ?
Non. Un citoyen britannique achète en France exactement comme avant, et comme n'importe quel étranger : la nationalité n'a jamais conditionné l'acquisition d'un bien. En pleine propriété, sans autorisation préalable.
Ce que le Brexit a changé, c'est le séjour. Sans titre spécifique, un Britannique relève désormais de la règle Schengen des courts séjours : quatre-vingt-dix jours sur toute période de cent quatre-vingts jours. Posséder une résidence à Nice ne lève pas cette limite. Pour rester davantage, la voie passe par un visa, un sujet distinct de l'achat, à préparer avec un conseil.
Combien coûte l'achat, comparé au Royaume-Uni ?
Le mécanisme diffère de celui que connaissent les acheteurs britanniques. En France, la vente se signe chez le notaire, officier public neutre qui sécurise la transaction et perçoit les droits pour l'État. Sur un bien ancien, les frais d'acquisition représentent de l'ordre de sept à huit pour cent du prix : ce n'est pas une commission, c'est l'ensemble des droits et émoluments.
Côté financement, des banques françaises prêtent aux non-résidents, avec leurs propres conditions. Beaucoup d'acheteurs arbitrent aussi selon le change livre-euro. Ces choix se préparent en amont, avant l'offre, jamais dans l'urgence de la signature.
Quelle fiscalité pour un propriétaire britannique ?
La taxe foncière est due chaque année. Selon la valeur du patrimoine immobilier détenu en France, l'impôt sur la fortune immobilière peut s'appliquer. À la revente, la fiscalité des plus-values suit des règles propres aux non-résidents.
Une convention fiscale lie la France et le Royaume-Uni pour éviter la double imposition. Chaque situation est particulière : je renvoie toujours à un conseil fiscal, en amont de l'offre.
Questions fréquentes
- Un Britannique peut-il encore acheter en France après le Brexit ?
- Oui, sans changement. Le Brexit n'a pas touché au droit d'acheter un bien : la nationalité n'entre pas en compte. Seule la durée de séjour sans visa est désormais encadrée.
- Combien de temps un Britannique peut-il rester dans sa résidence à Nice ?
- Sans visa, la règle Schengen des courts séjours s'applique : quatre-vingt-dix jours sur toute période de cent quatre-vingts jours. Posséder le bien ne lève pas cette limite ; un séjour plus long suppose un visa.
- Une banque française prête-t-elle à un acheteur britannique ?
- Certaines banques prêtent aux non-résidents, avec leurs conditions propres. Cela se prépare tôt, avec un conseil, en tenant compte du change livre-euro.
- L'achat d'une résidence donne-t-il un droit de séjour ?
- Non. La propriété et le séjour relèvent de deux droits distincts. Le visa se traite séparément.
Références
L'auteur
Garen AjderhanyanÉditeur de La Gazette de la Promenade
Éditeur de La Gazette de la Promenade. Il écrit sur l'immobilier et l'art de vivre de la Riviera, depuis Nice.
