Par Garen Ajderhanyan · 8 juillet 2026 · 6 min de lecture
L'essentiel
Un acheteur turc acquiert un bien en France dans les mêmes conditions qu'un résident : la nationalité n'entre pas en compte. Le parcours suit la ligne française, offre, compromis, délai de rétractation, puis acte authentique chez le notaire. Les points à préparer depuis la Turquie sont le transfert et la justification des fonds, la fiscalité française du bien, que la convention fiscale France-Turquie encadre pour éviter la double imposition, et la question du séjour, qui relève d'un autre droit que celui de la propriété. Un notaire et un conseil fiscal se consultent avant de s'engager, pas après.
Un citoyen turc peut-il acheter librement en France ?
La question revient à chaque fois, formulée de la même manière : est-ce qu'un étranger peut vraiment acheter ici, sans autorisation, sans montage particulier ? La réponse est oui, et elle mérite d'être dite clairement, parce que beaucoup de nos interlocuteurs turcs arrivent avec l'expérience de marchés où l'acquéreur étranger doit obtenir un feu vert administratif.
La France ne conditionne pas l'achat d'un bien à la nationalité ni à la résidence. Un acheteur d'Istanbul ou d'Ankara acquiert selon les mêmes règles qu'un Niçois, en pleine propriété. Pas d'autorisation préalable, pas de société locale imposée, pas de plafond de détention.
Une nuance, toujours la même : acheter est libre, séjourner ne l'est pas. Devenir propriétaire d'un appartement sur la Promenade des Anglais ne confère aucun droit de séjour. C'est un autre sujet, que je traite plus bas.
Comment faire venir les fonds depuis la Turquie ?
C'est le point qui demande le plus d'anticipation, et celui que je recommande de préparer en premier. Le prix et les frais transitent par le compte du notaire, tiers de confiance qui sécurise la transaction. Les fonds doivent arriver en euros, et leur origine doit être documentée : c'est une obligation légale de lutte contre le blanchiment, pas une défiance envers l'acheteur.
Concrètement, cela veut dire réunir tôt, avec sa banque, les justificatifs de provenance des fonds et organiser le change. Un transfert international de ce montant se prépare des semaines à l'avance, pas la veille de la signature. Les acheteurs qui anticipent ce volet ne rencontrent aucune difficulté ; ceux qui le découvrent tard perdent du temps.
Quelle fiscalité quand on détient un bien depuis la Turquie ?
Détenir un bien en France, c'est entrer dans la fiscalité française du bien : la taxe foncière chaque année et, selon la valeur du patrimoine immobilier détenu en France, l'impôt sur la fortune immobilière peut s'appliquer. À la revente, la fiscalité des plus-values obéit à ses propres règles pour un non-résident.
Une convention fiscale lie la France et la Turquie, précisément pour éviter qu'un même revenu soit imposé deux fois. Chaque situation reste particulière, et je ne me substitue jamais à un conseil fiscal : ces sujets se regardent avant de faire une offre, pas après la signature.
Acheter ouvre-t-il un droit de séjour ?
Non, et c'est une confusion fréquente. La propriété et le séjour relèvent de deux droits distincts. Acheter une résidence sur la Côte d'Azur ne donne ni visa, ni titre de séjour, ni voie automatique vers l'un ou l'autre.
Les questions de visa et de durée de présence se traitent séparément, avec un conseil spécialisé. Nous orientons nos clients vers les bons interlocuteurs, sans mélanger les deux sujets : c'est plus honnête, et cela évite les mauvaises surprises.
Pourquoi la Côte d'Azur pour un acheteur turc ?
La géographie compte. Les liaisons directes entre Istanbul et Nice rapprochent la Riviera de moins de trois heures de vol, ce qui change tout pour une résidence que l'on veut rejoindre dans la journée.
S'y ajoute un art de vivre méditerranéen qui parle à cette clientèle : la lumière, la mer, une table, une certaine douceur. Et une discrétion à laquelle nos acheteurs turcs tiennent, dans la manière de visiter comme d'acquérir. C'est une façon de travailler que nous connaissons bien, depuis le 107 Promenade des Anglais.
Questions fréquentes
- Un acheteur turc peut-il acheter à Nice sans venir en France ?
- Oui. Une procuration permet de se faire représenter à la signature du compromis comme de l'acte authentique. Le notaire précise la forme requise selon le lieu où elle est établie. Je recommande malgré tout de visiter le bien : ce n'est pas une obligation légale, c'est du bon sens.
- Faut-il un compte bancaire français pour acheter ?
- Ce n'est pas obligatoire pour l'achat lui-même, les fonds pouvant transiter par le notaire. Un compte français devient utile ensuite, pour les charges, les impôts locaux et les abonnements courants du bien.
- Le contrat est-il rédigé en turc ?
- Non, l'acte authentique est rédigé en français. Le notaire peut faire intervenir un traducteur assermenté quand l'acheteur ne maîtrise pas la langue, et c'est une précaution que je conseille : on ne signe pas ce qu'on ne comprend pas.
- L'achat d'un bien permet-il d'obtenir un visa ?
- Non. La propriété n'ouvre aucun droit de séjour. Le visa et le titre de séjour relèvent d'une démarche distincte, à préparer avec un conseil dédié.
Références
L'auteur
Garen AjderhanyanÉditeur de La Gazette de la Promenade
Éditeur de La Gazette de la Promenade. Il écrit sur l'immobilier et l'art de vivre de la Riviera, depuis Nice.
