Par Garen Ajderhanyan · 10 juillet 2026 · 7 min de lecture
L'essentiel
Entre Nice et Monaco, quatre communes se partagent la côte des Corniches : Villefranche-sur-Mer et sa rade profonde, Beaulieu-sur-Mer et son micro-climat de la « Petite Afrique », Èze et son village perché, Saint-Jean-Cap-Ferrat et sa presqu'île boisée. Toutes se trouvent à quelques minutes de Nice, desservies par la basse, la moyenne et la grande Corniche. Elles comptent parmi les plus recherchées de la Côte d'Azur, chacune avec un caractère net : port ancien, station Belle Époque, village médiéval, cap planté de pins. Je les parcours ici l'une après l'autre, en voisin.
Où se situe Villefranche-sur-Mer ?
Passé le port de Nice, la basse Corniche épouse la première échancrure de la côte : la rade de Villefranche, l'une des plus profondes de la Méditerranée. Les grands navires y mouillent au large, les pointus rentrent le soir le long du quai. La ville s'étage face au levant, dans des tons d'ocre et de rose que l'on croirait empruntés à la Ligurie voisine.
Sur les hauteurs, la Citadelle Saint-Elme, forteresse du XVIe siècle, abrite aujourd'hui musées et jardins. En contrebas, la rue Obscure, passage médiéval couvert, court sous les maisons du front de port ; la chapelle Saint-Pierre, décorée par Jean Cocteau, ferme le quai des pêcheurs. On est ici à quelques minutes de Nice, et déjà ailleurs.
Qu'est-ce qui distingue Beaulieu-sur-Mer ?
Adossée à ses falaises, Beaulieu-sur-Mer jouit d'un micro-climat qui a valu à son quartier le plus abrité le nom de « Petite Afrique » : palmiers, bananiers, une douceur d'hiver qui fit la réputation de la station à la Belle Époque. La Rotonde et les façades du centre en gardent la mémoire.
Au bord de l'eau, la villa Kérylos, demeure inspirée des maisons de la Grèce antique, voulue par l'helléniste Théodore Reinach et dessinée par l'architecte Emmanuel Pontremoli, se visite comme on ouvre un livre. Autour, une vie de village à plat : le marché, le port de plaisance, la gare. Beaulieu se parcourt à pied, ce qui n'est pas si fréquent sur cette côte.
Pourquoi Èze attire-t-elle ?
Èze est un village perché, suspendu entre la moyenne Corniche et la mer. Ses ruelles médiévales montent vers le jardin exotique, planté sur les ruines de l'ancien château : cactées et agaves y dominent la baie, avec la presqu'île de Cap Ferrat en contrebas. C'est l'un des points de vue les plus commentés de la Côte d'Azur, et il se mérite à pied.
Au-dessus, la grande Corniche déroule sa route panoramique vers Monaco. En dessous, le chemin de Nietzsche, le philosophe y marchait, relie le village à Èze-sur-Mer, son quartier de bord de mer et sa gare. Deux communes en une, en somme : la pierre en haut, le littoral en bas.
Que trouve-t-on à Saint-Jean-Cap-Ferrat ?
Saint-Jean-Cap-Ferrat est une presqu'île boisée qui sépare la rade de Villefranche de la baie de Beaulieu. Les villas s'y dissimulent derrière les pins ; le village, ancien port de pêcheurs, a gardé sa place, ses quais et son échelle humaine.
La villa Ephrussi de Rothschild, édifiée pour la baronne Béatrice au début du XXe siècle, ouvre au public ses jardins à thème dessinés face aux deux baies. Le sentier du littoral, lui, fait le tour de la presqu'île au ras de l'eau, de la pointe Saint-Hospice aux abords du phare. On y mesure ce que le mot presqu'île veut dire : la mer de tous les côtés, le silence au milieu.
Comment choisir entre ces communes ?
La question relève moins de la géographie que du tempérament. Villefranche et Beaulieu offrent une vie de village au bord de l'eau, commerces, marchés, gares sur la ligne du littoral. Èze choisit la hauteur et le retrait ; Saint-Jean-Cap-Ferrat, l'intimité d'une presqu'île où l'on n'entre que si l'on y va.
Toutes quatre se tiennent entre Nice et Monaco, à quelques minutes de l'aéroport par la basse Corniche ou l'autoroute, et comptent parmi les communes les plus recherchées, et les plus chères, de la Côte d'Azur. Aucun chiffre ne résume ces différences ; une matinée sur place, hors saison de préférence, en dit davantage. C'est ainsi que je les visite moi-même, en voisin parti du front de mer niçois.
Questions fréquentes
- Quelles routes relient Nice à Monaco le long de cette côte ?
- Trois Corniches parallèles : la basse Corniche suit le bord de mer par Villefranche-sur-Mer et Beaulieu-sur-Mer, la moyenne Corniche dessert le village d'Èze, la grande Corniche passe en hauteur et offre les vues les plus larges. La ligne ferroviaire du littoral suit, elle, le tracé de la basse Corniche.
- Peut-on visiter la villa Ephrussi de Rothschild et la villa Kérylos ?
- Oui. La villa Ephrussi de Rothschild et ses jardins, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, comme la villa Kérylos, à Beaulieu-sur-Mer, sont ouvertes au public toute l'année. Les deux demeures se trouvent à quelques minutes l'une de l'autre, de part et d'autre de la baie.
- Qu'appelle-t-on la « Petite Afrique » à Beaulieu-sur-Mer ?
- Le quartier le plus abrité de la commune, protégé du vent par les falaises qui la dominent. Ce micro-climat doux permet une végétation subtropicale, palmiers, bananiers, et a contribué à la réputation hivernale de Beaulieu dès la Belle Époque.
- Comment rejoint-on le village d'Èze depuis le bord de mer ?
- Par la route, en remontant de la basse vers la moyenne Corniche, ou à pied par le chemin de Nietzsche, sentier qui relie la gare d'Èze-sur-Mer au village perché. La montée est soutenue ; on la fait plus volontiers dans le sens de la descente.
- Le sentier du littoral de Saint-Jean-Cap-Ferrat est-il libre d'accès ?
- Oui, c'est un chemin public. Il longe la presqu'île au ras de l'eau, contourne la pointe Saint-Hospice et permet de faire le tour du Cap Ferrat à pied, entre criques et villas dont on ne devine que les jardins.
Références
L'auteur
Garen AjderhanyanÉditeur de La Gazette de la Promenade
Éditeur de La Gazette de la Promenade. Il écrit sur l'immobilier et l'art de vivre de la Riviera, depuis Nice.
